opération

Épisode 2 : La Chirurgie

Du temps de vos grands parents, vous pouviez vous retrouver sur le billard pour une « laparotomie exploratrice ».

Quèsaco ? Le concept est simple et un garagiste opère de la même façon. Voyez plutôt : on ouvre le capot et on regarde. Voilà voilà voilà…

L’imagerie (radio, IRM, scanner etc) n’existait pas ou peu. Ainsi, si les autres examens ne donnaient rien, on disséquait les patients pour trouver la raison de leurs maux. Les conséquences de ces chirurgies étaient souvent, plus nombreuses que les maux eux-mêmes et en complexifiaient finalement la compréhension. Qu’est-ce qui permit de sortir de cette étape primitive ? La technologie alliée à la connaissance.

Aujourd’hui, la technologie a un impact encore plus important. Elle est même en train d’opérer une vraie révolution au service du patient. Si les gestes en eux-mêmes changent, tout ce qu’il y a autour de l’acte chirurgical est en profonde mutation.

Afin d’avoir un langage commun reprenons l’essentiel du travail :

La phase préopératoire :

Les enjeux de cette étape sont multiples et centrés sur deux axes : La préparation du patient :

Une bonne préparation du patient passe par l’information. Un patient bien informé sera plus détendu et apte à gérer le post-opératoire ainsi que la convalescence. Il faut aussi suivre un parcours patient préopératoire, planifier les consultations avec l’anesthésiste, l’infirmière et le chirurgien.

L’acte chirurgical :

Du côté du chirurgien, il doit décider de la manière dont il va procéder. Où ouvrir, quoi enlever ou quoi poser, à quel endroit… selon la pathologie, ce peut être simple ou extrêmement complexe. Dans le cadre de certains cancers par exemple, réséquer une tumeur peut s’avérer bien plus compliqué qu’on ne le pense. Où s’arrête exactement la tumeur ? Il ne faut pas couper trop large pour préserver au maximum l’organe touché, mais si l’on n’enlève pas assez de tissu, le risque de récidive est certain.

L’opération :

L’acte chirurgical en lui-même est de plus en plus assisté par la technologie. La robotisation de certains gestes, comme dans le cancer du sein, permet de limiter l’incision et donc le risque infectieux, et d’avoir un geste plus précis qui par conséquent altèrera moins les structures voisines. De la même manière, La formation des chirurgiens elle-même est révolutionnée par la réalité virtuelle et la 3D.

Le post-op :

L’enjeu du post-opératoire est de s’assurer de la réussite de la chirurgie et du bon rétablissement du patient. Cela implique entre autres d’établir un vrai suivi, d’informer sur la marche à suivre notamment en cas d’anomalie et l’observance de ses traitements si nécessaire.

La suite des aventures de Romain :

Dans notre épisode précédent (L'hôpital & la Tech : Épisode 1 les Urgences), nous avions laissé Romain avec le diagnostic d’une fracture et d'une lésion du nerf qu’il fallait opérer.

Celle-ci se fera en ambulatoire : entrée et sortie dans la même journée.

Lors de la phrase préopératoire, le médecin fournit à Romain un accès à Maela, une plateforme qui aide le patient à s’organiser en amont de la chirurgie. Il y trouve une check-list préopératoire pour ne rien oublier le jour J, a accès à des contenus pédagogiques sur son opération clairs et validés par des professionnels qu’il peut les partager avec ses proches et à un réseau d’infirmières connectées qui peuvent discuter avec lui de sa prise en charge. Romain se sent rassuré et bien préparé.

Le chirurgien de son côté prépare l’intervention. Grâce à la technologie de Visible Patient, il peut créer une image 3D du patient à partir de son imagerie médicale. Ainsi, il sait ce qu’il va trouver quand il ouvrira et décide en parfaite connaissance du terrain de la marche à suivre. Certaines technologies, comme celle de PrédiSurge permettent même de simuler numériquement un acte chirurgical. Pour l’instant spécialisé dans les prothèses cardiaques, cela permet de prédire l’effet et l’efficacité d’un prothèse aortique grâce à un modèle 3D. Bientôt peut-être, cela existera pour toutes les chirurgies.

Romain se réveille doucement. L’opération s’est bien passée, et grâce à Maela il peut rentrer chez lui avec un suivi post-opératoire connecté. Il peut donner l’alerte en cas de problème et est surveillé 24/7 par les infirmières du réseau. L’hôpital n’est pas en reste puisqu’il s’est doté d’un chatbot, «MémoQuest» développé par Calmedica qui est programmé pour échanger avec les patients avant et après leur chirurgie. Des questions créent et revues par des médecins, sont envoyées au patient dans sa phase post-opératoire. Les réponses peuvent déclencher d’autres questions et in fine des alertes auprès des équipes médicales si nécessaire.

Grâce à cet arsenal technologique le parcours de soins de Romain est bien plus complet, adapté et sûr. Il peut aller se coucher sereinement avec ses deux gros cotons dans le nez.

Plus pratique.


L'hôpital & la Tech : Episode 1 les Urgences

ET SI demain à l'hôpital, grâce à la tech un robot vous prenait en charge aux urgences en vous pré-diagnostiquant à partir des data issues de votre iWatch et de votre dossier médical digital ?

ET SI parce que vous avez eu un nombre d'infections à Chlamydias un peu trop élevé un potentiel employeur ayant acheté des droits d'accès à vos données médicales ne vous embauchait pas ? 

ET SI.. tout dérapait ? L'ère de la data, du service 8.0 et de l'IA dans la santé effraie. Pourtant, l’augmentation de la demande de soins combinée à la diminution des moyens nécessite d'investir pour moderniser la façon dont on soigne, gère le système de santé et protège le patient. 

Avec 100% de patients supplémentaires accueillis depuis 20 ans, une augmentation de 9% de la mortalité globale et de 30% dans les cas les plus graves, voici notre 1ère étape des challenges de l'hôpital : Les Urgences ou l'art de rénover une maison qui brûle. 

 

La recette du naufrage

Prenez un manque de médecins généralistes, une population féconde mais vieillissante et des budgets qui diminuent entrainant une baisse du nombre de lits dans les services d’aval, mixez le tout et vous obtiendrez un encombrement des Urgences. Cette équation insoluble s'est trouvée aggravée par le manque d'investissement assumé de l'État dans un secteur qui, pourtant, criait famine. Mais à tout problème sa solution ! "Vous avez faim ? Eh bien mangez", les hôpitaux ont donc récupéré leur gestion financière et ont emprunté à foison faisant passer la dette hospitalière de 9 à 30 milliards € en 15 ans grâce à des emprunts avantageux... qui deviendront toxiques avec la crise des subprimes. 

Quelles solutions pour soigner ce cordonnier si mal chaussé à court terme ? Certes, une meilleure sensibilisation à l'utilisation du 15 qui permet d'orienter les patients vers les structures adaptées à leurs maux est une nécessité. S'il ne faut pas oublier l'importance d'accorder une reconnaissance sonnante et trébuchante au personnel soignant qui fait front pour assumer la mission de service public de l'hôpital et ce, dans des conditions de travail et de fatigue qui feraient démissionner plus d'un salarié du privé, d'autres solutions existent.

 

Repenser les Urgences avec l’aide de la Tech 

Une refonte structurelle du parcours de soin à l'hôpital doit être entreprise et c'est ici qu'intervient la technologie. Si elle ne remplacera jamais un médecin ou un urgentiste, elle pourra intervenir au sein des urgences et en amont 24h/24 au service d'une meilleure qualité de soins et d'un désengorgement des urgences.

Imaginons le parcours de soins de Romain. 

20h : Le JT est lancé mais Romain qui a mal au nez depuis quelques jours se rend compte qu’il ne le sent plus quand il le touche. Il télécharge alors l’application Hellocare, qui permet d’obtenir d'obtenir une téléconsultation avec un médecin généraliste en moins de 2 minutes sans RDV.

S’il n’était pas si tard, il aurait aussi pu se rendre dans sa pharmacie de quartier ou sur son lieu de travail pour utiliser une cabine de téléconsultation (TessanH4D) voir une tablette équipée d’une multitude d’outils médicaux (tensiomètre, oxymètre, etc) dans un espace dédié pour obtenir un diagnostic précis.

20h15 : Le médecin a été formel il va falloir passer par les urgences et laisser Gilles Bouleau seul avec ses tomates anciennes qui reviennent sur les étales des marchés : Romain demande à sa colocataire de l’y amener.

Grâce à l’appli Urgences Chrono, il sait dans quel hôpital il y a le moins d’attente et évite de se rendre dans les urgences les plus surchargées de sa région. Une fois sur place, grâce à Capsul Protect et la technologie sans contact, l’infirmier peut accéder rapidement au dossier médical de Romain qui a stocké ses données en amont dans cette petite capsule collée sur son téléphone.

20h45 : C’est maintenant à un interne de l'osculter. Le diagnostic ne semble pas si terrible mais l’interne a un doute et le médecin est momentanément absent. Normalement Romain aurait dû attendre quelques heures dans un couloir que celui-ci soit de retour mais l'interne a à sa disposition plusieurs outils :

  • Une des applications d’Incepto qui permet à une IA de comparer le cas de Romain avec une cohorte de données anonymisées l'interne peut confirmer rapidement son intuition. 
  • L'application MedPics qui permet à l'interne d'interroger ses pairs (30 000 professionnels, 1 000 000 de vues par semaine) sur des cas cliniques rencontrés

Ainsi, en quelques minutes le diagnostic tombe : Romain a fait le malin à la saint Christin et s’est battu : Le nez est cassé, ce qui a abîmé le nerf. Il faut opérer ! 

Prochain épisode : La chirurgie.